dedefensa - Nous avons vu hier un entretien de Robert Reich avec Ulysse Gosset, sur France 24 (voir la video de l’entretien), dans le cadre de l’émission Le Talk de Paris. Reich est l’ancien secrétaire du Travail (curieusement désigné dans l’incrustation de l’émission comme “secrétaire d’Etat”) de l’administration Clinton jusqu’en 1996. Vieil ami de la gauche démocrate des Clinton, sans doute un peu déçu par l’orientation très moderniste (le marché libre, Wall Street, la globalisation) de ses amis Clinton, hésitant entre Hillary et Obama…
Présenté comme radical dans ses jugements, Reich s’est montré comme le stéréotype de ces intellectuels américanistes, pleins de bons sentiments, férus d’une analyse sociale des problèmes engendrés par le capitalisme, mais n’allant jamais jusqu’au bout, – c’est-à-dire, refusant la conclusion logique de ses constats qui serait de mettre en cause le système. Le tabou est considérable.
Une première question de Gosset porte sur la situation aux USA: la crise, la perspective de récession, est-ce grave? Sans aucun doute, répond Reich, qui met l’état des diverses crises, le système bancaire, l’immobilier, le crédit, l’extrême pessimisme des Américains qui les poussent à moins consommer alors qu’ils subissent les contrecoups de cette crise dans la vie quotidienne. Reich met l’accent sur l’absence de contrôle de la situation, sur son caractère insaisissable qui fait qu’on ne sait où elle peut nous conduire: «On ne connaît pas l’ampleur de cette crise des crédits. A chaque fois qu’on croit que la crise est derrière nous, les choses empirent…»