Désamorcer le discours de la “boîte à com” de l’UMP !
Par P B le dimanche 11 février 2007, 09:24 - Lien permanent
LA COMMUNICATION DEVIENT UNE ARME DE DISSIMULATION ET DE DESTRUCTION MASSIVE
Objectifs : cacher la vraie nature de ses projets, vendre une vraie-fausse nouvelle image et mettre en oeuvre un harcellement médiatique ciblé de l’adversaire.
Avancer masqué. La stratégie de communication est utilisée comme une arme de dissimulation massive des racines libérales et conservatrices de la droite UMP. Dans un pays massivement hostile au libéralisme, hors de question d’affronter le suffrage universel à visage découvert. Et comme l’entraîneur d’une équipe de football, N. Sarkozy a décidé que la meilleure défense pour l’UMP c’est l’attaque.
LA COMMUNICATION DEVIENT UNE ARME DE DISSIMULATION ET DE DESTRUCTION MASSIVE
Objectifs : cacher la vraie nature de ses projets, vendre une vraie-fausse nouvelle image et mettre en oeuvre un harcellement médiatique ciblé de l’adversaire.
Avancer masqué. La stratégie de communication est utilisée comme une arme de dissimulation massive des racines libérales et conservatrices de la droite UMP. Dans un pays massivement hostile au libéralisme, hors de question d’affronter le suffrage universel à visage découvert. Et comme l’entraîneur d’une équipe de football, N. Sarkozy a décidé que la meilleure défense pour l’UMP c’est l’attaque.
Jeu de stratégie sur fond de réthorique. D’où un discours volontariste et ramasse-tout qui investit le terrain habituel de la gauche avec les références aux grands noms de ce courant politique comme Jaurès, Blum et Guy Moquet. Et pour faire bonne mesure, sans l’ombre d’un scrupule, pour mieux déstabiliser son adversaire, M. Sarkozy oppose cette gauche historique aux actuels dirigeants du parti socialiste. Par une pirouette réthorique, après avoir évoqué (à juste titre malheureusement) le renoncement aux valeurs de gauche de la famille politique de sa rivale, il prétend être celui qui désormais les représente le mieux. D’une pierre trois coups : affaiblir l’adversité, améliorer la versant social de son image, et ainsi profiter de la diversion opérée pour faire faire oublier la nature de mes projets pour la France et donc les Français.
Il n’y a pas de candidat providentiel. Il apparaît clairement que l’auteur de ces lignes, employé intermittent à 1100 euros par mois, ne fait pas du tout confiance au candidat de l’UMP et à son parti. L’auteur de ces lignes ne croit pas davantage que Ségolène Royal et le parti socialiste détiennent une solution miracle. Il n’oublie pas non plus que le parti socialiste a gouverné et qu’il l’a dessus de par son attitude à l’égard de la mondialisation libérale et financière.
Mentir avec assurance. Cependant, si son discours n’est pas dénué d’une part de vérité en ce qui concerne l’éloignement du parti socialiste des valeurs et des combats de ses origines, il est proprement inouï de voir le patron libéral et réactionnaire d’un parti de droite radicale se couler dans les habits vacants de défenseurs du peuple et des travailleurs, sa dernière marotte. La stratégie de brouilage des images s’appuie sur une méthode qui peut être résumée en une formule : ” 1/ Mentez il en restera bien quelque chose ; 2/ plus le mensonge est gros et mieux il passe ; 3/ pour que votre entreprise réussisse, mentez avec assurance !”
Un calcul froid. Il ne s’agit pas de convaincre du bien-fondé de ses convictions car elles sont inavouables ici et maintenant. L’objectif ultime étant de récolter plus de voix que son adversaire au soir du 2nd tour, il faut donc mener une campagne dans cette perspective. Pour y parvenir, non seulement il ne sera pas question de chercher de convaincre sur ses propres idées, mais il faudra même parvenir à les mettre hors de vue des électeurs. Pour faire d’une pierre deux coups, l’UMP tel un presdigiditateur a opéré un changement. Mais pour que celui-ci soit crédible, il faut annoncer publiquement cette transformation. Ce fut fait le 14 janvier où sarKOMzy proclama : “J’ai changé”.
Faire oublier la rupture. Celui qui avait construit son image d’homme capable d’impulser un changement en rupture avec l’ordre établi nous informe qu’il a changé. Changé pour faire quoi alors ? Le changement dans la continuité ? Ou plus prosaiquement s’agit-il de changer de discours pour changer l’image dans la denière ligne droite et permettre d’oublier les proclamations passées de rupture radicale, puis tranquille, qui ont permis à M. Sarkozy de s’imposer dans son camp.
Banaliser le candidat. De deux choses l’une : ou le candidat est sincère et il a réellement changé et dans ce cas il n’y aura plus de rupture puis qu’il a changé de dispositions intérieures par rapport au temps de la rupture. Dans ce cas rien ne le différencie plus significativement de ses rivaux. Nous aurions sous les yeux un candidat chiraco-lepenisé tenant un discours social sur sa gauche et un discours réactionaire sur sa droite. Le tout à des fins de conquête du pouvoir pour assouvir une ambition de pouvoir hors norme.
Extorquer sa future légitimité. Ou bien M. Sarkozy avance masqué racolant de tous les côtés sur des thématiques chers à chacun dans l’espoir d’obtenir une majorité qu’il transformera ensuite en légitimité pour appliquer sa rupture d’avec le modèle français, tant exécré et décrié il y a quelques mois encore. Souvenons-nous que la droite ne s’embarrasse pas de problèmes de conscience pour se réclamer d’une majorité en sièges au moment d’imposer une politique pour laquelle elle n’a pas été élue. Cela fait naturellement partie de la démarche adoptée où “nous disons aux citoyens ce qu’ils veulent entendre avant les élections avant de faire ce que nous voulons ensuite”.
Décrédibiliser l’adversaire. Chercher le point faible de l’adversaire et le pilloner. En l’occurence, traquer et exploiter le moindre faux-pas oratoire de Ségolène Royal, au besoin en fabriquer, pour la railler et instiller dans l’esprit des Français l’idée de son manque d’envergure pour assumer les responsabilités que tous les deux convoitent. A cette fin, toute opportunité sera exploitée. C’est ainsi que la relative absence des socialistes dans la campagne depuis le 14 janvier a été mise à profit pour intensifier toutes les initiatives permettant d’atteindre les objectifs énoncés précédemment. Pour enfoncer le clou, une série de sondages sera organisée pour peu que les premiers donnent des signes de succés. Elle devra accréditée l’idée que les Français reçoivent bien le message émis par les forces de l’UMP et répercutées par les médias. Et ainsi ancrer dans l’esprit de ces derniers l’idée que ce que dit M. Sarkozy est juste puisqu’une majorité d’entre eux lui accorderaient leur soutien… désormais !
M. Sarkozy est un libéral de droite qui arbore un faux nez. M. Sarkozy, si fier de poser dans le bureau de G. Bush, un néolibéral violent, rejetté par son peuple, prétend qu’il a changé, subitement. Logique puisque sur la base de sa véritable idéologie il n’a aucune chance. Il a tellement changé qu’il a recruté Henri Guaino pour rédiger ses discours, celui-là même qui pris coucha sur le papier la fracture sociale en 1995 au service de la campagne de Jacques Chirac. En se tournant ainsi vers la plume de Jacques Chirac Sarkozy donne un gage de changement par rapport à l’image qui lui colle à la peau de dur d’une droite dure. Mais où est alors le changement par rapport à l’ère Chirac tant vilipendée ? Ainsi a-t-il décidé de jouer la carte qui permit à Chirac de vaincre face à Balladur en 1995 : mener une campagne sociale pour faire gagner une droite soutenue par tout ce que compte l’establishment et qui veut baisser l’impôt des riches et couper dans les recettes de l’Etat.
Du passé faisons table rase. Oublions le temps d’une campagne tout ce qui nous sépare. Oublions ce que j’ai pu faire auparavant. oublion sd’où je viens. Oublions l’histoire de mon parti. Et surtout oublions que mon parti est au gouvernement depuis 2002 ! Majoritaire dans les deux chambres. Tout cela c’est le passé. N’y pensons plus. Le candidat nous l’a dit : “j’ai changé” et “Ensemble tout est possible” !
Qui est le candidat du changement. Si on se fie aux faits, reconnaissons que la méthode adoptée par Ségolène Royal rompt beaucoup plus avec les pratiques anciennes que celle de son homologue. Aux débats participatifs où chaque quiconque le désirait pouvait interpeller les élus socialistes l’UMP a fait tailler sur mesure un programme pour son champion. La désignation de ce dernier était courue d’avance. L’investiture au sein du PS a de son côté donné lieu à une vraie concurrence. Avec des débats télévisés de bonne facture. A tel point que le parti concurrent s’est senti obligé de mettre sur pieds un simulacre de compétition avec trois débats qui ont fait flop ! Et une tentative pathétique de faire croire à des velléités de concurrence. Où est le changement ? Et puis, le pays n’ayant jamais été dirigé de toute son histoire par une femme, voici là un élément qui plaide en faveur de la candidate socialiste.
Il n’y a pas de candidat providentiel. Il apparaît clairement que l’auteur de ces lignes, employé intermittent à 1100 euros par mois, ne fait pas du tout confiance au candidat de l’UMP et à son parti. L’auteur de ces lignes, qui ne regrette pas de ne pas avoir voté Jospin en 2002, ne croit pas davantage que Ségolène Royal et le parti socialiste détiennent une solution miracle. Il n’oublie pas non plus que le parti socialiste a gouverné et qu’il l’a dessus de par son attitude à l’égard de la mondialisation libérale et financière. Mais il n’oublie pas non plus que la plupart des progrès sociaux de ces 25 dernères années sont à mettre au crédit de gouvernement de gauche. Réduction du temps de travail, congés payé, abaissement de l’âge de la retraite, mise en place du RMI (qui n’est pas parfait) et de la CMU. Non, je n’oublie pas cela non plus !


