Pourquoi un embargo sur sondage quand Sarkozy perd 4 points, Bayrou en prend 4,5 alors que Royal est stable ?
Par P B le lundi 12 mars 2007, 10:17 - Lien permanent
Dimanche soir, peu avant 20 h, un article est publié sur le site Internet du Monde : un sondage TNS-Sofres, réalisé les 8 et 9 mars pour Le Figaro, RTL et LCI, fait état d'une chute importante du ministre de l'Intérieur au premier tour : il abandonne 4 point à 27% au profit de François Bayrou ( +4,5 à 23%) alors que Ségolène Royal reste stable à 25,5%.
Outre le fait que le dévissage est violent, c'est la première fois depuis mai 2006 qu'un sondage TNS-Sofres donne le candidat UMP à un score aussi bas. Il s'agit bel et bien d'une info ! Ce n'est pas un train qui arrive à l'heure.
J'ai donc guetté le traitement de cette information retentissante sur les ondes de Radio France et sur le Net depuis hier soir. Silence radio quasi total. Sauf une mention explicite sur France Culture [1].
48 h plus tard, alors que je suis plutôt l'information de près, si une amie ne m'avait envoyé l'info trouvée sur le site du monde, je serai toujours dans l'ignorance des résultats détonants de ce sondage... qui n'a bien sûr pas plus pas moins de signification que les autres. Sauf qu'il fait l'objet d'un traitement notoirement différent et suspect !
Presque rien. Aucune reprise de ce sondage nulle part. Pas même une citation. France Info totalement muette : un comble ! Mieux. Ce matin, Nicolas Demorrand, qui accueillait le candidat de l'UMP, s'est contenté de citer (1h42') le sondage rapidement : "avec toujours la poussée de François Bayrou. Comment l'analysez-vous Nicolas Sarkozy ?" Pas la moindre évocation de la répartition et de l'ampleur de ladite variation !
Alors qu'est-ce que cela ? Si ce n'est de l'incompétence, n'est-ce point une occultation, une minoration dont l'ampleur souligne l'importance de ce qui est caché : la portée politique et psychologique d'un effondrement qui menace ?
Très subjectivement je le reconnais, je formule l'hypothèse qu'il y a peut-être dans cet embargo une dimension tragico-pathétique. Comme si il s'agissait d'amortir la chute, de la lisser afin d'en atténuer l'impact dans la société et de sauver les apparences.
Se pourrait-il comme je le pense que Sarkozy ne soit que du vent en France, une forme d'ectoplasme en voie de résorbtion !
Curiosités autour de ce sondage -
Sarkozy l'emporterait face à Royal avec 52% des voix (positive attitude !)
Lundi 12 février -
TF1-LCI - Bayrou grappille des points à Sarkozy
France Inter flash info de 16 h : "François Bayrou a toujours le vent en poupe dans les sondages" . Aucune mention de l'ampleur de sa progression au détriment du ministre candidat et de la stabilité de Royal !!
France Inter flash info de 17 h : "François Bayrou qui a toujours la cote dans les sondages". pas davantage de précisions !
[1] France Culture - Lundi au cours du journal de 8 h, le sondage a été cité (7e minute) en précisant les chiffres et les variations par rapport au précédent.



Commentaires
A ce propos, j'ai entendu sur les ondes de France Culture lundi 12 mars, dans l'émission "les matins" un analyste, invité à l'antenne pour causer de ces sondages pour les candidats [ Mr Tod me semble-t-il /othographe ?].
Il parlait d'effritement pour ce qui concernait les intentions de vote pour Sarkozy.
Partant du postulat que les gens n'étaient pas dupes du mal que Sarkozy pouvait faire à tous, il affirmait que la majorité ne le laisserient pas "passer" en ne votant pas pour lui..Car il représentait pour le peuple selon lui, , un "autre monde" (ex-maire de Neuilly) et ami de beaucoup trop de nantis..Et surtout pas du tout axé sur les problèmes concrets et urgents de la population.
Anne
Méfions-nous fortement des sondages.
Ce que je souhaiterais, c'est qu'ils cessent non pas une semaine, mais au bas mot un mois avant le premier tour (c'est à dire dans une semaine.)
Car une seule chose est évidente : ils influencent l'opinion, en particulier tous ces gens qui soit n'ont aucune culture politique (ils sont légion) , soit veulent "voter utile" (ils sont nombreux) et qui sont, précisément, ceux qui décideront (collectivement et involontairement) du premier tour.
A quand une pétition dans ce sens, car vu le parti pris des médias en faveur de Sarkozy, il est bien évident que ses "mauvais" sondages ne sont jamais publiés, alors que la moindre baisse chez ses concurrents est proclamée à son de trompe ?
Il faut interdire les sondages tout cours !
Quelle vaste escroquerie, detournement de l'opinion. Si vous avez lu cet ecellent livre qu'est le système technicien de Jacques Ellul, vous compredrez parfaitement ceci :
le sondage permet de transformer le vote qui devrait être l'expression d'une opinion, en une technique, ce qui compte dorénavant c'est de voter de la façon la plus efficace possible.
Grâce aux sondages chacun peut maintenant adopter une technique de vote en fonction de l'information distillée par les medias. Que cette information soit completement subjective et tronquée importe peu, ce qui importe c'est que ces sondages par le fait d'être lu par des millions de gens créent eux même dans l'esprit collectif les partis qui ont une chance d'être élus. Sans sondage, les partis dominants perdraient énormément.
On devrait les interdire tout bonnement. Et d'ailleurs on devrait contabilisé dans les temps d'antennes et de presse tout ce qui a trait à la campagne depuis au moins un an. Il n'est pas du tout normal que Sarkozy et Ségolène (qui sont maintenant en tete dans les sondages) soient mediascités depuis si longtemps comme les deux challengers.
La presse qui devait informer et permettre de choisir trompe et impose. Encore un seuil de contre productivité et un monopole radical selon Ivan Illich.
Il faut savoir que toute observation modifie l'élément observé.