Sarkozy rétorque à ceux qui lui font reproche de ne pas avoir quitté plus tôt le ministère de l'Intérieur que son cas ne constitue pas un précédent : Balladur, Jospin avant lui était resté en place ! A mes yeux il y a une différence entre sa situation et celles de ces candidats 1995 et 2002 : ceux-ci occupaient les fonctions de Premier Ministre et n'étaient pas chef de parti. Le poste de Premier Ministre est notoirement plus exposé politiquement que celui de ministre de l'Intérieur.

Par ailleurs, Jospin occupait ses fonctions sur délagation directe du peuple accordée en juin 1997 au terme d'un scrutin législatif qui avait vu la gauche plurielle qu'il conduisait obtenir la majorité : il avait donc une totale légitimité !

Sarkozy lui n'a jamais été élu ailleurs qu'en sa circonscription de Neuilly et il ne doit son retour au gouvernement en 2005 qu'à la déroute de Chirac à l'occasion du référendum. Face à un président affaibli, il s'est alors trouvé en position de force pour contraindre Chirac à lui demander publiquement de revenir au gouvernement au poste de son choix : le ministère de l'Intérieur. De même, il vient d'obtenir du président qu'il annonce son départ du gouvernement.

Autrement dit Sarkozy se sert d'un rapport de force favorable au sein de son parti pour obliger le chef de l'Etat France à mettre le prestige et l'autorité de sa fonction au service de ses ambitions personnelles.