Dans la rubrique la "France d'après ..." : Si il est élu le candidat de l'UMP virera la direction de France 3 !
Par P B le mercredi 28 mars 2007, 19:57 - Lien permanent
Source - Communiqué de la Société des Journalistes de France 3
Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ? Trépigne-t-il déjà en s'imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ?
Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP s'est récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la vénérable ORTF.
M. Sarkozy a en effet menacé de « virer » notre direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il est venu, le 18 mars dernier, participer à l'émission France Europe Express, présentée par Christine Ockrent.
A peine arrivé, Monsieur le Ministre-candidat se laisse d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission « l'emmerde » et qu'il n'a pas envie de la faire !
Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage). Coupable de ce « crime de lèse-Sarkozy », voici notre direction sur la sellette. « Toute cette direction, il faut la virer », a lâché le candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 mars 2007. « Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder ».
Les Français sont désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République sera de couper des têtes à France 3. A la trappe ces directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.
Le Ministre-candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile. Comme cette récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service politique « ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de gauche ! ». Désormais, c'est à la direction qu'il veut s'en prendre ?
La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part d'un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l'indépendance des chaînes de service public.
Non, monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance Si nous devons des comptes, ce n'est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux d'information.
Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre part, ni de la part d'aucun autre candidat.
A bon entendeur.
La Société des Journalistes de France 3. Le 23 mars 2007
A rapprocher de cet ouvrage : "Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières : Candidat à la Présidence de la République" par Jean-Jacques Reboux.
Tout part de la mésaventure qui lui est arrivée le 24 juillet 2006. "Dans le 17e arrondissement de Paris, à la suite d'un banal contrôle routier, ayant contesté un PV sanctionnant une infraction imaginaire, j'ai été violemment interpellé puis conduit au commissariat, menotté aux poignets et aux chevilles, après m'être entendu dire par un des 12 policiers présents : "T'as de la chance qu'il soit pas président !" Cette menace, allusion directe au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle de 2007, fait froid dans le dos."



Commentaires
Bravo à France 3 pour son opposition à la "dictature Sarkozienne". Vous avez tout mon respect et soutien.
En souhaitant de tout coeur qu'il ne passe pas.
Isabelle.
Le complexe d'infériorité physique mal intégré par les individus qui en sont victimes, est souvent compenser par un exces d'autorité et de zèle, et ce manifeste par un désir illimité de domination sur ces semblables, l´histoire nous en a déjà donner de tristes exemples, napoléon, hitler...et surement bien d'autres dont j'ai l'ímmense satisfaction de ne jamais croiser leurs chemins...puisse-ètre qu'il en soit toujours ainsi...
Si cette histoire est vraie, faut-il en rajouter ? Tout est dit, commentaires inclus.
François
Ca fait vraiment chaud au coeur de sentir que des gens sensés résistent encore à ces coups de bottes dans la face de la démocratie! Je vous soutiens à 300% et prolonge votre "résistance" au quotidien (incroyable d'employer ces termes à notre époque)
vous semblez choqué par l'attitude de Mr SARKOSY mais la marchandisation de l'information ne semble pas vous pertuber et pourtant, les deux constituent une véritable menace pour la démocratie.
Alors pitié, faites d'abord votre travail de journaliste correctement, à savoir dénoncer la proximité des médias et des puissances d'argent. Prenons un exemple, la reine christine OCKRENT, femme d'un ancien ministre, co-anime l'émission avec serge july qui n'hésite pas à faire l'accolade à Mr SARKOZY et qui a vendu libération à un banquier.
Surtout, pas un mot sur les sujets qui fâchent. Résultat, aujourd'hui, vous vous retrouvez face un sarkozy tout puissant, ami des grands propriétaires de médias, bouygues, dassault, lagardére et j'en passe. C'est trop tard, il fallait ouvrir les yeux avant et ne pas détourner le regard lorsque l'information devenait une marchandises comme les autres.
Personnellement, je ne vais pas pleurnicher alors que vous avez su faire une campagne oui-ouiste pendant le référendum.