Nicolas Beytout le spécieux
Par P B le lundi 18 juin 2007, 09:47 - Lien permanent
Invité à croiser le fer avec Laurent Joffrin ce matin sur France Info, N. Beytout déduit que comme les Français sont opposés à la TVA sociale et bien ils sont contre toute hausse de la fiscalité.
Ce à quoi il convient de répliquer que les Français sont plus probablement contre toute hausse INJUSTE de la fiscalité. En effet la TVA sociale s'applique à tout lemonde et frappe plus durement les faibles revenus. En revanche, je doute fort que les Français soient contre une hausse de l'impôt sur le revenu qui s'appliquerait principalement aux tranches supérieures. Et ainsi permettrait de réduire les inégalités. Qui en effet est contre la réduction des inégalités en matière de redistribution des richesses ?
Ce même Beytou, sondage à l'appui était tout heureux d'expliquer à l'appui de sa démonstration que les Français réclamaient la baisse des droits de succession. Quels Français et pour quelles raisons sachant que la majorité des Farnçais est déjà exemptée en grande partie de ces droits en raison de la modicité des sommes concernées. Savent-ils par ailleurs que la réforme préconisée par le président Sarkozy favorisera essentiellement les plus fortunés ?
Extrait d'un document sur le sujet produit par Attac
"Les droits de succession et de donation rapportent environ 8 milliards d’euros au budget de l’État. Mais tous les décès ne donnent pas lieu à imposition, loin s’en faut. En 2005, on dénombrait ainsi en France 144 000 déclarations de succession imposables sur un total de 537 000 décès. De nombreuses mesures ont déjà été prises (notamment par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie) pour accroître la transmission du patrimoine en franchise d’impôt, comme le relèvement des abattements, la création d’un abattement à la base ou encore l’instauration de mesures temporaires en matière de donation. Par construction, ces mesures ont bénéficié aux ménages dont le patrimoine était suffisamment important pour, précisément, donner lieu à imposition.
La réalité de la fiscalité du patrimoine montre un tout autre visage que celui d’une prétendue confiscation du fruit du travail : selon un rapport du Sénat , près de 90% des transmissions entre époux et 80% en ligne directe (parents à enfants) n’avaient donné lieu à aucune perception de droits de succession en 2000. En clair, les fameuses classes moyennes ne seraient pas concernées par cette mesure qui, comme les autres, visent une minorité de contribuables parmi lesquels se trouvent les grands bénéficiaires des récents choix fiscaux en matière d’impôt sur le revenu (abaissement des taux du barème, augmentation du nombre de niches fiscales). Enfin, en 2000, selon le même rapport, le patrimoine moyen transmis avoisinait les 100 000 euros tandis que le patrimoine médian ne s’élevait, quant à lui, qu’à 55 000 euros et que seules 10 % des successions portaient sur un patrimoine supérieur à 222 000 euros."



Commentaires