Traité de Lisbonne : L'Europe n'a pas vocation à violer les peuples !!! [ en fussent-ils tenus dans l'ignorance ]
Par P B le samedi 22 décembre 2007, 04:53 - Lien permanent
"On prétend construire l’Europe pour les peuples, mais on ne veut pas leur donner la parole." André Laignel, eurodéputé socialiste, ancien ministre
C'est parce que nous sommes des citoyens attachés à la démocratie que nous demandons à ce que dans l'ESPRIT de la règle du "parallélisme des formes" le retour du Traité instituant une Constitution pour l'Europe sorti par la grande porte du suffrage universel par 54,7% des votants le 29 mai 2005 ne soit pas imposé par la fenêtre du Parlement de Versailles après avoir été maquillé avec les oripeaux de la tromperie.
Le peuple est le garant du respect de la démocratie qui est le "gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple". Autrement dit il revient à chacun des citoyens de veiller au bon fonctionnement de la démocratie. Sous peine de la trahir soit activement en soutenant le viol par les élites européennes de la volonté populaire exprimée dans les urnes le 29 mai 2005, soit passivement en préférant fermer les yeux, fut-ce au nom de sa prétendue incompétence. L'incompétence n'est pas blâmable : seule le serait le fait de ne pas demander à être (in)formé afin de pouvoir prendre sa part à la décision. "La démocratie ne s'use que si on ne s'en sert pas". A fortiori dans les circonstances particulièrement importantes.
Et cette affaire de Traité Européen en est une puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'un texte qui confirme une tendance très lourde quant à l'avenir des Européens. Une tendance inspirée des conceptions libérales de l'économie et qui en quelque sorte accorde à l'économique un pouvoir supérieur au pouvoir populaire. Et comme dans cette pratique libérale de l'économie, il s'agit de garantir leur liberté aussi bien au renard qu'aux poules, tous étant enfermés dans le poulailler, on voit bien qu'il s'agit là d'un habile discours tendant à justifier l'injustifiable, à savoir permettre aux plus performants de plumer les moins performants, que l'on occupe aussi à se manger entre eux ! [1]
C'est parce que cette subordination de notre société démocratique à l'économie et au pouvoir de la finance mondialisée qui l'infiltre continuellement est tout sauf incontestable [2] du point de vue de l'intérêt général démocratiquement conçu qu'il convient que les citoyens aient voix au chapitre afin qu'au terme d'un DÉBAT CONTRADICTOIRE exigent et intransigeant, où ils seront (IN)FORMÉS, ils puissent en connaissance de cause décider soit de s'effacer devant les intérêts de l'élite et de ceux qui ont l'espoir d'en faire partie un jour ; ou si au contraire ils souhaitent remettre la construction européenne sur les rails de la démocratie, seule apte à permettre un libre choix de société par chacun en lieu et place de la servitude volontaire qui semble constituer l'horizon auquel nous destinent nos dirigeants.
Naturellement, tout citoyen soucieux de démocratie refusera de se voir ainsi réduit à l'état de faire-valoir abusé et privé de toute capacité de se prononcer sur son avenir, a fortiori dans les moments politiques déterminants, de ceux qui façonnent l'histoire pour les décennies à venir. Et nous y sommes...
Autrement dit, la dignité de citoyen réclame de tout un chacun qu'il s'emploie à obtenir des représentants du peuple qu'ils ne se substituent pas au peuple pour approuver un traité sans avoir reçu aucun mandat précis allant dans ce sens.
1] L’histoire des deux petites souris qui se disputent un fromage. Renard qui passe par hasard offre courtoisement ses bons offices. Pour faire la paix, il propose de partager le fromage en deux parts égales. Oh oui, oh oui, s’écrient les deux petites souris. Et Renard, avec bonté, partage le fromage en deux parts égales. Et les deux petites souris s’apprêtent à se régaler. Mais, oh, dit une souris, ce n’est pas juste, ma part est plus petite ! Ah, bon, voyons ça, dit Renard, eh oui, en effet ! Et croc, il croque afin de faire deux parts égales. Mais, oh, dit l’autre souris, ce n’est pas juste, maintenant c’est ma part qui est plus petite. Ah, bon, voyons ça, dit Renard, eh oui, en effet ! Et croc, il croque afin de faire deux parts égales. Mais, oh, dit la première souris, ça ne va pas, maintenant c’est ma part qui est plus petite ! Ah, bon, voyons ça, dit Renard, eh oui en effet et croc, il croque…
Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux petites miettes pour chacune des deux souris. Et que Renard en souriant s’endorme le ventre plein.
[ Lu dans le Là-bas Hebdo n° 27 du 16 décembre 2007 ]
2] Bien que ce changement nous soit régulièrement présenté comme la conséquence de la modernité, comprenons du "monde qui change autour de nous". Ainsi le monde qui change autour de nous constituerait un argument décisif, qui échaperait au champ du politique et donc clorait le débat ! Sous peine de passer pour sot et ringard.
Pétitions en cours pour exiger un référendum :
Appel du Comité National pour un Référendum ( près de 50 000 signatures )
Pétition à l’initiative du Comité Valmy



Commentaires
Votre très cher président a quand même bien été élu démocratiquement, non ? Le parlement également, non ? Le très sérieux Sarko avait bien promis pendant sa campagne de ratifier le traité de constitution Européenne, non ? Et sans référendum avait-il précisé. Une majorité de Français se sont donc démocratiquement déjà prononcé en faveur de ce traité et de sa méthode d'adoption par l'état Français ... alors où est la non-démocratie ? Que les socialistes - les plus opposés à ce traité - soient frustrés par l'absence de mouvement politique les représentant est une chose, tirer à boulet rouge sur le prétendu "viol des peuples" est une insulte à la démocratie. On ne recourt pas à un référendum pour chaque adoption d'une loi ou d'une modification de la constitution, pourquoi le ferait-on pour adopter un traité dont le contenu est déjà majoritairement adopté par la politique du président play-boy ... élu par une majorité de Français ... et cette fois c'est une élection crédible, puisqu'il n'a pas été élu "par défaut" comme Chirac II face à la pieuvre brune de Le Pen. C'est regrettable que les Français ne découvrent qu'aujourd'hui qu'ils ont élu un populiste fantoche à la Berlusconi !!! Le plus dur, c'est de constater qu'on n'a les hommes politiques que l'on mérite ... en tant que Belge, je peux vous en parler pendant des jours ... avec dépit !
Yves.
à Yves,
"Le très sérieux Sarko avait bien promis pendant sa campagne de ratifier le traité de constitution Européenne, non ? Et sans référendum avait-il précisé. Une majorité de Français se sont donc démocratiquement déjà prononcé en faveur de ce traité et de sa méthode d'adoption par l'état Français ... alors où est la non-démocratie ? "
==> Sarkozy l'imposteur, le menteur, le roi de l'esbrouffe avait parlé d'un traité simplifié modificatif. Or ce traité n'est ni simplifié, ni substantiellement modifié sur le fond. Autrement dit, il n'a aucune légitimité démocratique pour imposer par voie parlementaire l'adoption de ce traité.