Qui est Ingrid Bétancourt :

==> Ses origines sociales

--> issue de la haute bourgeoisie colombienne --> fille de Gabriel Betancourt, ancien ministre colombien de l'Éducation (sous la dictature du général Gustavo Rojas Pinilla) et de Yolanda Pulecio, 25 ans plus jeune que son époux, ancienne reine de beauté du département de Cundinamarca devenue députée en 1986 puis sénatrice en 1990. Elle passe une partie de son enfance en France, lorsque son père obtient un poste à Paris. Son père est alors ambassadeur de Colombie à l'UNESCO [ source ].

==> Son parcours politique :
--> très faible audience en Colombie --> La candidate ne représentait que 0,3% d’intentions de vote aux élections de 2002.
--> élue députée en 1994 sous l'étiquette du Parti libéral en distribuant des préservatifs.
--> puis sénatrice en 1998 sous l'étiquette du parti Oxygène Vert qu'elle vient de fonder, mais sans avoir jamais milité pour l'environnement. Distribution de masques à oxygène à cette occasion (pollution oblige !).
--> candidate à la présidence lors de l'élection 2002 (avec distribution de Viagra cette fois-ci !). Mais la lutte contre l'insécurité dont Uribe fera son cheval de bataille éclipse sa bataille contre la corruption.

==> Ses rapports avec la France :
--> nationalité : colombienne de père et de mère. Elle obtint un passeport français à la faveur de son mariage avec Fabrice Delloye en 1981, membre du corps diplomatique français, en poste au Pérou depuis fin 2007 comme attaché culturel. Divorce en 1990.
--> Ingrid a été une amie intime de Dominique de Villepin quand il était son professeur à Sciences-Po à Paris.
--> Au printemps 2001 elle rédige en français une autobiographie qui bénéficiera d'une promotion très efficace orchestrée par le duo Séguéla - Fixot (les éditions). S'appuyant sur un patronyme à la consonance typiquement de chez nous, c'est le début de sa notoriété en France. Les médias vont se piquer d'intérêt pour cette "franco"-colombienne, présentée comme une héroïne se dressant face aux forces de la corruption dans son pays. Plutôt jolie, femme politique au profil héroïque, assimilée française, Ingrid Betancourt a tout pour séduire médiatiquement, y compris des relais influents dans le milieu de la politique (amitié avec Villepin alors secrétaire général de l'Elysée depuis 1995) et des médias dominants.


Les conditions de l'hyper-médiatisation de son enlèvement par les Farc


==> Conditions de son enlèvement :
--> le 23 février 2002, elle a joué les têtes brûlées en dépit de tous les conseils de prudence qui lui avaient été donnés ce jour-là. Elle a même signé une décharge pour franchir un barrage militaire !!! Sa porte-parole Clara Rojas, laissée libre, refusa de la laisser seule aux mains de ses ravisseurs.

==> Ses accointances politiques
--> nouvelle figure de la scène médiatique, amie personnelle de Dominique de Villepin devenu ministre des Affaires étrangères, la cible de ce kidnapping, un parmi des milliers d'autres en Colombie, va immédiatement bénéficié d'un traitement de faveur. Dès le 8 mars 2002, Chirac lui dédit la journée de la femme ! Sarkozy a fait de même il y a quelques jours.
--> Astrid la soeur d'Ingrid est désormais mariée avec Daniel Parfait, ambassadeur de France en Colombie en 2003 au moment de la rocambolesque tentative de libération. C'est à cette époque qu'elle était devenue sa maîtresse. 

==> L'effet de mode est lancé.
--> la population française s'associe à l'élan compassionnel. A ce jour on dénombre 1826 communes en France ayant fait de l'otage une citoyenne d'honneur.
--> des comités Ingrid Betancourt se mettent en place regroupés dans une Fédération internationale !
--> des événements sont organisées avec participation de people
--> sa photo est affichée en grand sur les murs de l'Hôtel de ville de Paris depuis le 23 février 2004
--> les membres de sa famille investissent les médias où ils sont généreusement invités

Une affaire d'Etat en France !!


==> liée à l'otage par une solide amitié, Dominique de Villepin va organiser une expédition secrète pour l'exfiltrer de la jungle colombienne. L'opération impliquant un avion militaire Hercules C-130 avec 11 espions français à son bord capotera sur l'aéroport de Manaus (Amazonie brésilienne). Officiellement, ni le Premier ministre de l'époque, ni le président français n'étaient au courant. pas davantage que les autorités brésiliennes et colombiennes.
==> devant toute cette mobilisation au plus haut niveau de l'Etat français, la valeur politique de l'otage grimpe en flèche !

Uribe

==> situation politique :
--> le président colombien élu en 2002 sur le thème de la sécurisation du pays et l'éradication des Farc mène une politique intransigeante à l'égard de ce groupe classé terroriste
--> Le 18 mai, 2007 le président colombien s'est fermement prononcé en faveur d'une option militaire pour libérer les otages. "Ici, il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des Farc, ici, il n'y a pas de zone démilitarisée", a-t-il dit.
--> en dépit d'une pauvreté très forte, Uribe, après avoir fait modifier la constitution en 2004 est réélu en 2006 avec plus de 60 % des voix et 56 % d'abstention ! Sa politique de fermeté face aux Farc est soutenue par plus de 80% des Colombiens d'après un sondage récent.


==> son passé :
--> En 1991, un rapport officiel du Pentagone (rapport du Defense Intelligence Agency publié par l'hebdo NewsWeek en août 2004) classait Uribe parmi la centaine de personnalités directement impliquées dans le soutien au narco-trafic en Colombie. En tant que maire puis gouverneur puis sénateur de Medellin, il était alors décrit par les Etats-Unis comme un « Politicien et sénateur spécialisé [dedicated] dans la collaboration avec le Cartel de Medellin dans les plus hauts niveaux gouvernementaux », « ami proche » du célèbre parrain de la drogue Pablo Escobar. Le même rapport américain précisait au passage que, loin de la légende familiale de persécution par les FARC qu'Uribe reprend systématiquement, son père, Alfredo Uribe, a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ». [ source : http://tinyurl.com/3xjyck complété par http://tinyurl.com/2e4v6u ]
--> Ce n'est pas tout. Comme gouverneur de Medellin, Uribe a aussi directement soutenu la mise en place des réseaux paramilitaires (Autodéfenses Unies de Colombie) qui terrorisent le pays. Il a contribué au relatif climat d'impunité dont ils jouissent dans le cadre de la loi Justice et paix votée le 22 juin 2005 [ voir : http://tinyurl.com/2hq8hh et http://tinyurl.com/22gznq ].
--> Fin 2006, la paperasserie glanée sur le disque dur du chef « Jorge 40 » lève par exemple le voile sur un plan évoquant la planification de massacres ainsi que des fraudes électorales en faveur de l’intronisation d’Uribe en 2002 et 2006. Ce qui mouille au passage un paquet de personnalités politiques avec qui Uribe partage sa sellette. Aujourd’hui, 46 membres du Congrès sont dans la ligne de mire de la justice colombienne pour leurs liens présumés avec les milices d’extrême droite. (source : http://tinyurl.com/35t7lm )
--> depuis novembre dernier, huit proches du président colombien ont été incarcérés pour collusion présumée avec les groupes paramilitaires d'extrême-droite.
--> d'après une récente découverte des escadrons de la mort d’extrême-droite auraient tenu des réunions préparatoires dans le ranch même d’Uribe.

Conclusion personnelle : une population excédée par l'insécurité peut plébisciter un personnage peu vertueux pourvu que celui-ci incarne l'espoir de voir la paix revenir.




Les USA :

==> un leadership planétaire se conquiert et se préserve
--> les Etats-Unis mènent une politique hégémonique à l'échelle de la planète. Dans les zones instables, ils ont besoin d'implanter une présence armée. C'est le cas en Amérique du Sud où les mouvements de gauche sont de plus en plus menaçants face aux oligarchies corrompues et exploiteuses qui ont partie liée avec les intérêts états-uniens.
-->La Colombie leur sert de plate-forme militaire [1] au nom du plan Colombie de lutte contre le narco-trafic. Ce prétexte les autorise à masser des troupes en Colombie qui le cas échéant, le moment venu, pourront prété main forte aux forces colombiennes. Toujours dans le cadre de ce plan, la Colombie reçoit chaque année une manne de 600 millions de dollars.
--> Alvarado Uribe a obtenu que les Etats-Unis passent l'éponge sur son passé trouble en contrepartie d'un soutien indéfectible de la Colombie à leur politique impériale dans la région. Ce qui fait dire à Chavez que Uribe est le valet (le chiot) de Bush.
--> à Manta en Equateur, les USA disposent de leur plus grande base militaire implantée en Amérique Latine. L’accord de coopération du 25 novembre 1999 expire en 2009. Le président Correa a fait savoir qu'il n'y aurait pas de renouvellement. Un refus qui n'est certainement pas du goût des dirigeants états-uniens qui, du fait de l'élection de Rafael Correa, ont perdu en Equateur les interlocuteurs fantoches habituellement à leur solde.



Les Farc ( Forces Armées Révolutionnaires de Colombie)

==> sont la principale force rebelle colombienne engagée dans le conflit armé colombien, établies en 1964 comme branche armée du Parti communiste colombien, d'obédience marxiste-léniniste.
==> leur financement provient du trafic de la drogue et du rançonnement des familles d'otages
==> les Farc, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
==> depuis 2005 elles sont considérées comme organisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne.


L'implication de la France :

--> Bétancourt jouit donc d'une renommée grandissante au moment de son enlèvement en 2002. Villepin est intimement lié à elle. Son cas va donc faire l'objet d'une médiatisation exceptionnelle. Mais les efforts diplomatiques de la France ne donneront aucun résultat.
--> l'arrivée de Sarkozy change la donne. Impétueux, il sent qu'il y a un énorme coup politique à jouer.
--> en mai 2007, les Farc ont proposé une sorte de marché à Nicolas Sarkozy : ils lui demandent d'intervenir en faveur de la création d'une zone démilitarisée des municipalités de Florida et de Pradera (sud-ouest) pour négocier un échange de prisonniers, notamment d'Ingrid Betancourt.
Qualifiant le président colombien Alvaro Uribe d'"ennemi acharné de l'échange humanitaire", le numéro deux des Farc estime que les bons offices de Nicolas Sarkozy "seront déterminants pour obtenir le retour chez elle d'Ingrid et d'autres prisonniers" susceptibles d'être échangés. Le numéro deux des Farc a également souligné "la volonté totale" des rebelles de rencontrer les émissaires des gouvernements français, suisse et espagnol. Ces "rencontres auront lieu" quand les conditions seront "favorables", a-t-il ajouté (source : http://tinyurl.com/25cq82).
--> Il met la pression médiatique et politique sur Uribe pour accélérer le cours des choses. S'implique dans les négociations. Reçoit Chavez et l'introduit comme négociateur auprès des Farc. Probablement à la demande de celles-ci. Il offre une tribune internationale aux Farc assez inespérée. Il veut des résultats rapides et il ne recule pas devant les amabilités. Ainsi est-il prèt à se rendre à la frontière de la Colombie avec le Vénézuéla pour recueillir, tel un héro libérateur,l'otage : retentissement médiatique planétaire assuré pour notre président communicant, mais aussi pour les Farc et le Vénézuéla. Scénario qui n'est pas du goût de la Colombie et des Etats-Unis.


Le conflit d'intérêt franco-(colombien-états-uniens) :

--> en cela il contrarie fortement la politique de Uribe à l'égard du mouvement armée. Le président colombien est convaincu que le temps joue en sa faveur dans sa politique d'élimination des Farc qu'il pourchasse avec son armée.
--> il y a donc un conflit d'intérêt entre Bogota et Paris. Uribe veut jouer la montre. Sarkozy veut aller le plus vite possible. Chacun des deux veut recueillir les lauriers médiatiques et toucher les dividendes politiques de la libération de l'otage.
--> et surtout Uribe (et les USA) ne veulent pas laisser aux Farc le bénéfice médiatique et politique d'une libération accordée envers et contre l'intransigeance d'un président colombien acculé à passer pour un être sans coeur jusque et y compris avec des otages à bout de forces.
--> Sarkozy a décidé de la jouer solo pour son compte perso sur ce coup-là, répétant en cela sa stratégie lybienne. Cela contrarie sérieusement les projets de "l'ami" états-unien ! Et dans ces cas-là, ça ne rigole pas ! [2]


Avec Chavez le dossier des otages se politise davantage

--> de part son rayonnement international et son positionnement politique franchement hostile à Bush et Uribe, l'intervention de Chavez comme médiateur accroît immanquablement le retentissement international de la libération de l'otage Bétancourt; la saga prend donc un nouvel essor.
--> automatiquement ses adversaires sur la scène internationale se doivent de le marquer à la culotte. Pas question de le laisser inscrire des points à leur détriment.


Le trio Farc-Vénézuéla-Paris fait aboutir des libérations

--> la médiation de Chavez porte ses fruits. Uribe le sait et voit cela d'un mauvais oeil. Il démet Chavez des fonctions de médiateur officiel qu'il lui avait confiées. Mais les tractations se poursuivent. L'opinion publique internationale est favorable à Chavez. Les Farcs vont libérer trois premiers otages. Il est prévu que l'armée colombienne cesse ses assaults pendant une période négociée afin de permettre le déplacement des otages dans la jungle. Officiellement les opérations sont donc suspendues. Dans les faits il n'en est rien. Curieux ! Toujours est-il qu'une première tentative échoue. Il faudra attendre plusieurs jours avant que Clara Rojas ne soit libérée avec une autre otage politique.
--> un mois plus tard, ce sont quatre autres prisonniers qui seront élargis. Uribe se retrouve sur la défensive.
--> à ce stade je n'écarte pas l'hypothèse d'une "rançon" versée aux Farcs (par le Vénézuéla ... ) pour les "décider" à rendre leur liberté aux otages
--> les discussions se poursuivent. France, Suisse, Espagne et Equateur sont également impliqués.


La Colombie viole la frontière équatorienne pour éliminer le N°2 des Farc

--> pris de vitesse, Uribe et son alliés états-uniens [3] décident d'agir et de frapper un "grand" coup. Reis, n°2 des Farc, négociateur de la libération des otages sera liquidé avec 16 compagnero(a)s en territoire équatorien. Leur camp a fait l'objet d'un bombardement nocturne avant d'être investi par des soldats colombiens venus chercher le cadavre de Reis et ses ordinateurs portables (miraculeusement indemnes !!)
--> en agissant ainsi, Uribe fait d'une pierre deux coups :
- il affaiblit le commandement des Farc et ainsi accélère sa progression dans la guerre sans merci qu'il mène face aux Farc
- il complique considérablement le processus de libération des otages dont Betancourt et donc le retarde conformément au but qu'il poursuit


Une partie d'échecs : tout est bon à prendre pour marquer des points politiquement


--> Correa et Chavez sont alliés sur la scène politique sud-américaine où ils préconisent une politique socialisante et clairement adversaires de la Colombie et de son protecteur (suzerain) états-uniens, adeptes du système économique libéraliste qui permet aux dominants de conserver leurs positions.
--> mais dans l'affaire de la libération des otages il est médiatiquement impossible au duo Uribe/Bush de faire autrement que de paraître officiellement ne pas s'opposer aux efforts entrepris pour y parvenir. Tandis que dans l'ombre tout est mis en oeuvre pour saboter le processus.
--> dans les faits, pas question de les laisser-faire à leur guise ; rappelons-le, Uribe veut abattre les Farc avant d'obtenir la libération des otages. Il a besoin de temps. La survie des otages dans ce contexte n'est plus une donnée prépondérante.
--> de leur côté les USA veulent déboulonner Chavez, promotteur du socialisme du XXIe siècle, grand pourfendeur de l'Empire US et assis sur des réserves pétrolières considérables. Toute avancée de sa part doit être contrée sous peine de le laisser renforcer ses positions sur la scène politique internationale, forcément à leur détriment in-fine.

==> des ordinateurs miraculeusement rescapés qui révèleraient opportunément des documents accablants pour l'Equateur et le Vénézuéla
--> en vertu de l'adage qui préconise l'attaque comme la meilleure des défenses, l'intervention meurtrière en territoire équatorien va être mise à profit pour discréditer les états voisins d'Equateur et du Vénézuéla
--> bien qu'ayant exterminé les occupants du campement des Farc, les bombes larguées auraient miraculeusement épargné les trois ordinateurs portables de Reis.
--> l'inspection du contenu des documents contenus sur le disque dur révèleraient des contacts entre les Farc et le gouvernement équatorien ainsi que le financement à travers une société écran des Farc par le Vénézuéla à hauteur de 300 millions de dollars. Ici le conditionnel est indispensable [4].
--> Uribe prétend tone qu'il va traîner Chavez devant la Cour Pénale Internationale
--> à propos de ce volet de l'affaire qui ressemble fort à une intox, voir cet article


==> écran de fumée ou vérité ?
--> qu'elles soient avérées ou non au terme des vérifications confiées aux experts de pays étrangers, les accusations portées par Uribe ont au moins un effet de diversion pour retourner l'opinion publique internationale prise à témoin de la violation de la souveraineté de l'Equateur par ses forces militaires.
--> ces accusations instillent l'idée que Chavez soutient un groupement classé terroriste depuis 2005. Souvenons-nous que l'Afganistan fut envahi au motif qu'il soutenait Ben Ladden. La lutte contre le terrorisme est l'argument vertueux, avec la défense de la démocratie, dont se servent les USA pour intervenir là où ça sert leurs intérêts d'Etat impérialiste.


Voici donc quelques éléments de lecture de la situation autour de la fameuse affaire Betancourt devenu un enjeu politique considérable sur la scène politique internationale que chacun des protagonistes tente d'exploiter à son avantage sous le couvert officiel de nobles intentions ressassées au public.

Mise à jour suite à la libération :

  • un dessin de Patrick Mignard



  • Voici un éclairage très intéressant : Ingrid Bétancourt avec son aura d'héroïne glamour revenue de l'enfer après avoir résisté aux méchants est utilisée médiatiquement pour lancer le produit Uribe, fer de lance de la lutte menée par les intérêts impérialistes, Etats-Unis en tête, contre l'espérance bolivarienne incarnée par Chavez notamment !

Notes : [ les notes 1 , 2 et 3 renvoient à cet article ]


1] Le Général Oscar Naranjo, commandant de la police nationale, a déclaré aux journalistes que ce n’était pas un secret que le corps militaire et policier de la Colombie maintenait « une très forte alliance avec les agences fédérales des Etats-Unis ».

2] Les bombes lancées sur le camp des FARC visaient sans aucun doute à envoyer un message à Sarkozy de ne pas se mêler des affaires de l’impérialisme yankee dans sa « cour arrière ».
Par ailleurs, ne peut-on considérer à l'image de l'analyse amorcée dans ce billet que la mauvaise passe médiatique traversée par Sarkozy en février n'était pas totalement aléatoire. Ne faut-il pas y voir un rappel à l'ordre donné par l'establishment, y compris international, par voie de presse contrôlée interposée. Hypothèse plausible...

3] Les responsables colombiens ont ouvertement reconnu le rôle des agences américaines de renseignement dans l'instigation et la coordination de l’assassinat ciblé du 1er mars

4] Ainsi que le rapporte Greg Palast, le document en question comporte un seul passage où il est question des 300. Mais il n'est pas précisé de quoi il s'agit. Là encore, une prudence élémentaire semble de mise. L'occase est trop belle pour le duo Bush-Uribe d'exhiber pareil trophée de chasse à la face de l'opinion publique internationale !

5] Un billet très intéressant sur le sujet : Un nouveau bras de fer