Du train de vie versaillais de nos sénateurs
Par P B le dimanche 7 septembre 2008, 11:58 - Lien permanent
Un premier commentaire posté par annie, le samedi 6 septembre 2008 sur le site d'Alain Lambert
Si l'on veut changer, profondément, l'image du Sénat, il va falloir faire une vraie révolution.
En effet, aujourd'hui, chaque sénateur (ils sont 331) gagne mensuellement 11 540 euros nets, dont la moitié environ (l’enveloppe destinée à couvrir ses frais professionnels) échappe légalement au fisc.
A cela s’ajoutent de multiples avantages en nature : billets de train et d’avion gratuits, voitures mises à disposition.
Malgré ce régime très favorable, seuls 90 sénateurs, selon les pointages très sérieux de cette assemblée, se donnent la peine de travailler assidument dans le cadre de leur mandat. En revanche, 120 n’y mettent jamais les pieds et 120 autres n’y sont qu’à temps partiel.
Pourtant...Comme c'est le cas également à l'Assemblée Nationale, un article du très sérieux "Règlement" indique que les parlementaires doivent faire l'objet de sanctions financières, en cas d'absences non justifiées, et ne peuvent pas donner mandat à leur collègue (sauf cas exceptionnel) de voter à leur place. Autant dire que celui qui en principe à la charge de faire respecter le Règlement - le Président de la Chambre - "oublie" de manière récurrente cet article !
Rajoutons à cela que des administrateurs aux gardiens de square du jardin du Luxembourg, les rémunérations des fonctionnaires du Sénat s’étalent de 2.300 à plus de 20.000 euros par mois, pour 32 heures de travail par semaine et presque quatre mois de vacances. Sans compter une kyrielle de privilèges.
Je vous pose donc la question Monsieur Lambert : ferez vous respectez le Règlement en tant que Président du Sénat?
Certains élus - et vous en faites peut être partie - s'interroge sur le fait que les Français utiliseraient n'importe quelle bonne excuse pour ne pas aller travailler.
Mais ne pensez vous pas que ce comportement est "normal" vu le miroir que le Parlement renvoie aux Français?
Commentaire posté par annie, le dimanche 7 septembre 2008, toujours sur le site d'Alain Lambert -
Je pense que ce sondage illustre deux choses ; les Français sont prêts à consentir à des efforts...Mais seulement, et seulement si....L'effort est partagé.
Or force est de constater que la plupart du temps - et l'équipe actuelle n'y coupe pas - les "politiques" demandent aux citoyens de faire des sacrifices sans en faire.
C'est la politique de "fais ce que je dis, pas ce que je fais". On en a des illustrations tous les jours.
Prenons quelques ex. Il est normal que le chef de l’Etat et les élus de la nation disposent de tous les moyens nécessaires a leurs charges. Mais, qu’ils les augmentent chaque année, alors que le pays souffre, est endetté comme jamais, est particulièrement énervant, sinon provoquant.
De la même façon, il aura fallu attendre cinquante ans de Vème République pour que la Cour des Comptes soit désormais autorisée à ausculter le budget de l’Elysée et celui de l’Assemblée ! On est bien loin du rapport Necker qui révélait le montant des pensions des courtisans, les dépenses du roi et de la reine, "l'argent de poche" des princes de sang, le coût de la guerre, etc. Ou de la "transparence" (au commencement) des "notes de frais" des députés de 1789...Rendues publiques par le biais du Moniteur !
Les élus, en France, sont de grands adeptes du « Faites ce que je dis mais faites pas ce que je fais ». L’administration est sommée de se réorganiser pour économiser huit milliards d’euros avant la fin du quinquennat, mais ceux qui lancent ces réformes et les votent semble s’exclure de l’effort collectif !
C'est une attitude qui est consternante, d'autant que les élus ne se rendent pas compte de l'effet désastreux que cela provoque chez les citoyens : la "légende" des élus rentiers vient de là. Le 21 Avril 2002 aussi. Et je suis prête à faire le pari avec vous que si les élus se montraient plus vertueux, les citoyens adhèreraient plus facilement aux réformes, accepteraient plus facilement les sacrifices à consentir, et...Frauderaient moins. Sinon plus.
La gestion pour le moins dilettantes du budget de l’Elysée comme les privilèges des députés (retraites en béton et distribution discrétionnaire de subventions) contredisent la rigueur affichée. Les caisses sont vides...Mais on continue de s'amuser comme à Versailles on dansait alors que le pays s'enfonçait dans la détresse et la misère.
Incontestablement, c'est sous les ors du Sénat qu’on vit le mieux. Son président depuis 1998, Christian Poncelet, s’y trouve d’ailleurs si bien qu’il n’exclut pas, à 80 ans, de rempiler à l’issue des élections de Septembre.
La République entretien un monarque au palais du Luxembourg
Comme la Reine d’Angleterre, le président du Sénat à sa liste civile. Négocié très discrètement avec les questeurs de cette même assemblée, le budget dévolu à Christian Poncelet n’est pas rendu public mais il atteindrait environ 2,5 millions d’euros. De quoi employer une vingtaine de domestiques dans deux appartements de fonction, là au cœur du palais l’autre en face du Sénat, mais aussi de garnir sa cave de grands crus (8 500 bouteilles), financer force diners et coktails (600 000 euros de frais de bouche par an) et voir du pays (350 000 euros de voyages).
La chambre du Sénat prend aussi en charge 25 conseillers et 17 secrétaires, les 15 Peugeot 607 de fonction qui promènent tout ce petit monde, et bien entendu l’indemnité du président de 180 000 euros par an.
Mais soyons juste. L’assemblée nationale défend son régime de retraite très spécial, elle. Dans sa juste lutte contre les régimes spéciaux de retraite la majorité parlementaire à oublié d’en épingler un : le sien. Un seul mandat de députés de cinq ans ouvre en effet le droit de 1 550 euros par mois, l’équivalent de ce que perçoit en moyenne un salarié du privé au terme d’une carrière complète. Pour financer ces charentaises en or massif les députés se votent les subventions nécessaires (53 millions d’euros en 2007) au renflouement permanent de leur caisse, puisque leurs cotisations ne couvrent que 12% des prestations versées.
A la présidence de la République les primes ont augmentés de 11%
En 2007, les dépenses de l’Elysée ont augmentées de 8,4%, trois fois et demie plus vite que celle de l’Etat. Le palais n’est pas réputé pour la précision de sa gestion car « l’Elysée n’est pas organisé pour lister ses dépenses et encore moins pour les gérer ! » peste le député socialiste René Dozière, spécialiste de ces questions au gouvernement (il espère toujours obtenir le coût détaillé du voyage en Chine de Novembre dernier).
Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy les effectifs sont passés de 960 à 1045 personnes, car le Président a renforcé la sécurité (de 65 à 80 policiers) et le staff de conseillers (de 91 à 117 contractuels).
La rémunération moyenne de ces derniers est passée de 36 000 à 42 000 euros et leurs primes ont été revalorisées de 11%. Enfin, M. Sarkozy s‘est déjà agrandi : et loue de nouveaux locaux au 22 rue de l’Elysée (400 000 euros par an) et à réquisitionner l’hôtel de Marigny jusqu’ici réservé aux hôtes de marque, pour loger la dizaine de hauts fonctionnaires qui planchent sur le projet d’Union Méditerranéenne.
L’Elysée et Matignon ont beau crié que les caisses sont vides et que la France est en faillite, il n'en demeure pas moins que l'un et l'autre sont d’accord pour voler dans des jets flambant neufs. Mise à la disposition de la présidence et du Premier ministre, la flotte aérienne et gouvernementale va être totalement renouvelée dans les cinq ans. Une urgence, n'en doutons pas !
Les deux Airbus A319 actuels seront remplacés par des A330, dont l’un devrait être aussi bien équipé que le fameux Air Force One du Président des Etats-Unis. Six jets flambant neufs (4 Falcon 2000 et 2 Falcon 7 X, le nec plus ultra de l’aviation privé) se substitueront par ailleurs à la flotte actuelle de Falcon 50 et 900 entré en service dans les années 1980. Pour limiter un tant soit peu les dépenses les anciens modèles seront revendus d’occasion mais l’opération devrait tout de même avoisiner les 300 millions d’euros.
A ses dépenses pas forcément toujours "nécessaires", se rajoute les 145 millions d’euros de subventions distribués sans contrôle au Parlement...Lequel aurait sans doute pu recevoir plus vite les comptes de l'Elysée...Si lui même n'était pas aussi méfiant à révéler l'emploi de cet argent...Laissant au passage les citoyens, les journalistes, et les partis style FN s'imaginer ou faire croire à la constitution de caisses noires dans les Hémicycles.
Tous les ans, l’Assemblée et le Sénat s’allouent une « réserve parlementaire » : 90 millions d’euros aux députés et 55 aux sénateurs, qui donnent à chaque élu une sorte de « droit de tirage » sur le budget de l’Etat pour financer des infrastructures ou des associations dans sa circonscription. Des députés décrochent plus de 100 000 euros, d’autres 30 000, et les novices ignorent parfois l’existence du système. Il n’existe aucune liste publique des projets financés. La encore, le Parlement qui exige la transparence de tous...Peut difficilement être crédible en ne pratiquant pas cette charité en commençant par lui même.
Sans doute une nouvelle manifestation de la rupture ! Délaissant la Citroën C6 blindée achetée par Jacques Chirac il y a trois ans, Nicolas Sarkozy se fait livrer une nouvelle Renault Vel Satis. Plus longue de 25 cm que le modèle de série, le véhicule sera aménagé en bureau roulant avec sièges en cuir, ordinateurs et équipement de communication dernier cri. Le coût? C'est on même posé la question à l'Elysée?
Des sénateurs ont deux voitures avec chauffeur, une à Paris une en région. 23 des 331 élu du Luxembourg disposent chacun d’une «voiture de dignitaire». Un privilège réservé à la crème : le président, les 6 vice-présidents, les 3 questeurs, les 6 présidents de commissions et 7 responsables de groupes politiques. Ce sont 24 Peugeot 607, Citroën C6 et Renault Vel Satis (de 45 000 à 53 000 euros l’unité) que bichonnent, dans la cour les chauffeurs de la maison.
Organisés en tamdem (car ils sont aux 32 heures, pour 2 300 à 5 000 euros par mois), ces pilotes multiplient les trajets haletants : Sénat-aéroport, Sénat-restaurant.
Bien sûr, les élus pourraient aussi utiliser la vingtaine de voitures à disposition de tous, prendre un taxi (remboursé) voir s’aventurer dans le métro munis d’un pass gratuit. Ou encore...Emprunter la SNCF qui offre gratuitement le voyage à tous les élus.
Mais, en province ils ont souvent pris de mauvaises habitudes : 47 sénateurs sont aussi présidents de leur Conseil général, où ils ont droit à une limousine du même acabit … Quand aux autres, ils dépensent souvent leur indemnité mensuelle de « frais de mandat » ( 6 141, 33 euros ) chez un concessionnaire auto.
Que représenterait ces efforts? Rien, si l'on regarde à l'aune des économies réalisées. Mais symboliquement, l'impact serait démentiel !
Or, rien ne peut se faire sans confiance. Et sans...Solidarité vraiment...Nationale.



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